juillet 17, 2025• byAline Bunod
Changer, c’est souvent ce qu’on désire le plus.
Sortir d’un job qui ne nous ressemble plus, poser ses limites, déménager, réorganiser sa vie…
Mais après le premier pas, au lieu de ressentir du soulagement, il arrive que l’on se sente… plus mal qu’avant.
- « J’ai enfin pris une décision… et maintenant je doute. »
- « Je me suis écouté·e… et je me sens vulnérable. »
- « Je voulais aller mieux, pas me sentir chamboulé·e comme ça. »
Et si ce malaise faisait justement partie du chemin ?
Ce que la psychologie nous apprend : le cerveau ne fait pas la différence
Selon Psychology Today, notre cerveau traite tous les changements comme des menaces potentielles — qu’ils soient positifs ou non.
Ce qui l’importe, ce n’est pas le contenu du changement, mais le degré d’incertitude.
Lorsqu’il perçoit qu’on n’est pas suffisamment en sécurité, il active ses mécanismes de survie :
- combat (je me braque),
- fuite (j’évite),
- figement (je procrastine),
- soumission (je dis oui à tout),
- ou décrochage (je me coupe de ce que je ressens).
Ce n’est ni une faiblesse, ni un bug. C’est une réponse biologique normale.
Mais elle a un effet direct : elle bloque l’accès à notre pensée claire, à notre capacité à créer, à décider, à avancer.
Et cela rend le changement épuisant.
Deux questions à se poser pour comprendre ce qui se passe
1. Ce que je vis est-il un changement prévisible ou imprévisible ?
Un changement prévisible (comme planifier un voyage ou changer de logiciel) se traite avec de la structure.
Mais un changement imprévisible (quitter un poste, changer de rythme de vie, réorganiser son activité…) implique des réactions humaines, des émotions, des zones d’inconnue. On ne peut pas tout anticiper.
Et quand on tente de gérer un changement complexe avec des outils trop rigides, on s’épuise.
2. Est-ce que je me sens suffisamment en sécurité pour vivre ce changement ?
Le sentiment de sécurité n’est pas rationnel. On peut vouloir un changement, mais ne pas se sentir prêt·e dans son corps, son environnement ou ses relations.
Identifier ce besoin de sécurité — information, soutien, validation — permet de retrouver un point d’ancrage pour avancer autrement.
Vouloir aller mieux… peut parfois nous freiner
Un autre article de Psychology Today met en lumière un autre piège : croire qu’il faut se sentir bien pour pouvoir agir bien.
Comme si on devait attendre que l’anxiété disparaisse pour parler, que la tristesse parte pour rebondir, que le doute s’éteigne pour avancer.

Plus on cherche à contrôler ses émotions (en les évitant ou en s’y accrochant), plus elles prennent de la place.
C’est ce qu’on appelle l’évitement expérientiel : vouloir à tout prix « aller bien » avant d’agir… et finir paralysé·e.
Et si on n’avait pas besoin d’aller mieux pour commencer à vivre mieux ?
Et si on pouvait avancer avec le doute, la peur ou la fatigue ?
Le creux entre deux rives
C’est souvent cela que je vois en coaching.
Un·e client·e qui a osé dire non, prendre un tournant, ralentir…
Et qui, au lieu de se sentir mieux, ressent un flou immense.
Parce qu’il faut du temps pour intégrer un changement, surtout s’il est profond.
Ce n’est pas un retour en arrière.
C’est le creux entre deux rives.
Ce que vous pouvez faire dans ces moments-là
Nommer ce que vous vivez.
Changer, c’est aussi perdre des repères. Ce n’est pas agréable… mais c’est souvent nécessaire.Ne pas attendre de “se sentir prêt·e” pour avancer.
L’action peut venir avant la clarté. On n’a pas besoin d’aller bien pour faire un pas juste.Se créer des points de sécurité.
Des personnes ressources. Du temps pour soi. De la régulation émotionnelle.
C’est ça qui permet de rester en mouvement malgré l’incertitude.Ne pas faire seul·e.
Quand on se sent submergé·e, être accompagné·e change tout.
Coaching, thérapie, ou simple échange soutenant : cela permet d’entendre autrement ce qu’on vit.
En résumé
Ce malaise que vous ressentez, ce n’est pas un échec.
C’est un signal. Celui que votre monde intérieur se réorganise. Que vous quittez l’ancien.
Et que vous êtes en train de faire de la place pour quelque chose de nouveau.Même si ce n’est pas encore clair. Même si c’est inconfortable.C’est peut-être exactement ce qui devait arriver…
avant d’aller vraiment mieux.
En tant que coach, je ne cherche pas à précipiter le mieux-être.
Je vous accompagne dans ce moment de flou après le changement, là où le doute, le stress et l’inconfort prennent souvent toute la place.
Parce qu’on n’a pas toujours besoin de solutions — parfois, on a juste besoin de ne pas traverser ça seul·e.
